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dimanche 10 février 2013

L’info du dimanche : La bataille des loups

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Dimanche 10 février 2013 : 
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La rubrique dominicale de mon blog, « l’info du dimanche », cette information locale, régionale ou nationale glanée dans la presse et qui m’a fait bondir de colère ou de joie durant la semaine.
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Alors que le problème des loups en France devient de plus en plus aigu chaque mois, que le gouvernement propose des pistes comme la capture des loups sur le mode américain, le quotidien Le Monde analyse les résultats de ces captures aux Etats-Unis.
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Bonne lecture !
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Peut-on capturer des loups pour les empêcher d'attaquer le bétail ?
Le Monde.fr | 09.02.2013 à 16h38
Par Audrey Garric

"Alors que nos éleveurs pensent les uns après les autres à abandonner le métier, le gouvernement nous propose 'd'éduquer' le loup. Il se moque de nous ! Autant éduquer un requin, un serpent crotale ou un criminel multirécidiviste." Cette pantalonnade du maire (UMP) de Sisteron, Daniel Spagnou, illustre, derrière son goût douteux, le scepticisme et l'incompréhension qui prévalent après l'annonce du gouvernement de tester des captures de loups afin d'améliorer la coexistence entre le prédateur, protégé au niveau français et européen, et les éleveurs, victimes d'attaques de troupeaux de plus en plus nombreuses.

Mardi 5 février, la ministre de l'écologie Delphine Batho a ainsi révélé que onze parcs naturels régionaux allaient expérimenter des méthodes de capture utilisées aux Etats-Unis. "Il y a une nécessité d'éduquer l'animal", a-t-elle plaidé, à l'issue d'une réunion du groupe national loup qui a validé les grandes lignes du plan de gestion 2013-2017.

"La situation a changé en France : on n'a plus seulement quelques meutes comme il y a vingt ans mais 250 loups. On ne peut plus attendre des attaques pour agir, lâche Jean-Jacques Blanchon, chargé de mission biodiversité et agriculture à la Fondation Nicolas Hulot et à l'origine de la proposition. Il faut signifier à l'animal, et en particulier à ceux que l'on appelle les 'mauvais loups', quel est son territoire et quel est celui de l'homme."

LEURRES OLFACTIFS

Mais comment parvenir à capturer ce superprédateur, intelligent, mobile et aux cinq sens surdéveloppés ? "Attraper un loup sans le tuer est la chose la plus difficile qu'il soit", reconnaît Antoine Nochy. Cet ingénieur écologue, formé à la technique dans le parc de Yellowstone aux Etats-Unis, est l'homme qui devrait diriger sur le terrain l'expérience française, avec l'aide du trappeur américain Carter Niemeyer, véritable star dans le milieu avec à son actif 300 captures au cours de sa carrière.

"Il faut intriguer, inquiéter et séduire le loup, explique Antoine Nochy. C'est un travail de patience pour retrouver sa trace, disposer un piège et attendre qu'il morde. On doit amener le prédateur, qui évolue dans un périmètre de 300 km2, à venir dans un espace de 30 cm2."


Le cœur de la technique : des leurres olfactifs. De l'urine, des excréments ou de la viande doivent ainsi attirer le loup vers un système de pièges enterrés. Une mâchoire en caoutchouc se refermera alors sur sa patte, tandis qu'une chaîne longue de 2 ou 3 mètres lui permettra de se déplacer sans se blesser. "Il s'agira alors de l'immobiliser avec un lasso, de l'anesthésier et de lui poser un collier équipé d'un GPS, avant de le relâcher, livre Jean-Jacques Blanchon. L'animal, stressé, va comprendre qu'il ne doit plus attaquer sur ce territoire et la meute ne reviendra pas."

Au-delà de l'avertissement, l'expérience est censée avoir une portée préventive. "Les données GPS vont nous permettre de comprendre le comportement du prédateur et ses déplacements, afin de prévenir les éleveurs de son approche", poursuit Jean-Jacques Blanchon. Le chargé de mission, qui espère former rapidement des piégeurs avec l'aide de l'université de Montpellier 2 et du CNRS, table sur deux équipes de deux personnes dans chacune des quatre régions concernées par la présence du loup.

ANIMAL SAUVAGE

Malgré les compétences avancées, l'idée ne convainc pas au sein du Groupe national loup. L'instance, réunissant parlementaires, élus, agriculteurs, chasseurs, associations de protection de la nature et représentants de l'Etat, regrette que la proposition ait été reprise "à la dernière minute" par la ministre et ce, sans concertation.

"Cette expérimentation va à l'encontre du fonctionnement naturel du loup : on ne peut pas lui apprendre que tel alpage ou telle montagne est chez lui, et telle autre non. C'est un prédateur qui chasse où il veut, ajoute Jean-David Abel, représentant de France Nature Environnement (FNE) au sein du groupe. Le dispositif est ailleurs difficilement applicable en France, où l'animal est présent dans 29 zones de présence permanente, des endroits montagneux, broussailleux et difficiles d'accès."

"C'est le seul instrument qui fonctionne pour assurer la cohabitation avec le loup, et c'est pour cela qu'il est utilisé aux Etats-Unis et expérimenté en Suède, Finlande, Espagne et Italie", rétorque Jean-Jacques Blanchon.

"ILS REVIENDRONT"

En réalité, si les Etats-Unis procèdent bel et bien à des captures de loup depuis des années, la finalité réside moins dans la protection des troupeaux que la recherche scientifique. Les Américains ont capturé pour la première fois 64 loups au Canada en 1995 pour repeupler le parc de Yellowstone, au sein duquel les prédateurs avaient été massivement chassés jusqu'à frôler l'extinction. Depuis, la célèbre réserve du Wyoming a capturé et équipé de colliers GPS 400 prédateurs, essentiellement à l'aide d'hélicoptères depuis lesquels des trappeurs tirent des fléchettes anesthésiantes.


"Nous avons réussi à inverser les habitudes comportementales de certains loups grâce à un conditionnement aversif utilisant des captures, des balles en caoutchouc ou des bombes au poivre, livre Daniel Stahler, biologiste en charge du projet loup à Yellowstone. Mais ce conditionnement doit intervenir au moment où le loup agit : la technique ne fonctionne pas si vous le capturez plusieurs jours après la prédation."

"En capturant les prédateurs près du bétail, vous pouvez les amener à rester à l'écart pendant un jour ou deux ; mais s'ils ont faim, ils reviendront, poursuit-il. Tant que les humains, le bétail et les loups cohabitent dans le même écosystème, il n'existe pas de méthode permettant d'éliminer toute prédation."

"La capture ne peut pas forcer l'animal à quitter un territoire sur lequel il s'est installé ni l'éduquer à ne pas attaquer un troupeau, confirme Carter Niemeyer, qui rappelle que dans le Wyoming, l'Idaho et le Montana, les éleveurs et chasseurs tuent les loups avec lesquels ils ne parviennent à cohabiter. Mais elle peut aider les éleveurs à repérer et éviter les loups, en positionnant des chiens près des troupeaux. "

ENTRE 2 000 ET 6 000 DOLLARS PAR LOUP

Reste que même après dix-huit ans d'expérience outre-Atlantique, la technique requiert encore du temps, de l'argent et du matériel sophistiqué. "Les loups sont difficiles à capturer à l'aide de pièges au sol, assure l'ancien expert du Service américain de la pêche et de la faune sauvage. L'utilisation d'un hélicoptère fonctionne mieux, mais s'avère très chère." Coût de l'opération : entre 2 000 et 6 000 dollars par loup, en fonction du type de GPS utilisé – d'une durée de vie de deux ans en moyenne.

Des limites qui avaient conduit le parc du Mercantour, en France, à arrêter une expérience similaire. De 2007 à 2011, le parc naturel régional a ainsi capturé quatre loups, deux grâce à des pièges au sol et deux via l'utilisation d'hélicoptères, afin d'étudier l'impact du prédateur sur les proies sauvages. Malgré l'emploi de deux personnes à temps plein pendant quatre ans, les colliers GPS se sont avérés difficiles à tracer dans de nombreuses zones sans réception satellite. Au final, le Mercantour a perdu la trace des quatre loups, disparus ou braconnés.

"On donne à la société humaine l'illusion de contrôler une espèce sauvage, déplore Jean-David Abel, de FNE. La seule cohabitation possible avec les troupeaux passe par des tirs d'effarouchement et de défense et, en dernier recours, l'abattage."

Audrey Garric

dimanche 13 janvier 2013

L’info du dimanche : Le vrai ennemi : la laïcité


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Dimanche 13 janvier 2013 : 
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La rubrique dominicale de mon blog, « l’info du dimanche », cette information locale, régionale ou nationale glanée dans la presse et qui m’a fait bondir de colère ou de joie durant la semaine.
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Aujourd’hui, les opposants au « mariage pour tous » défilent à Paris. Hier, à on n’est pas couché, Caroline FOUREST et Frigide BARDOT ont tenté de débattre et ont démontré qu’il est  temps de quitter le débat public qui devient redondant et où les positions des uns et des autre sont désormais bien ancrés et inébranlables pour enfin atteindre l’hémicycle pour légiférer ou non.

Depuis quelques semaines, je me posais des questions sur ce débat. Quelque chose m’échappait sans que je parvienne réellement à mettre le doigt dessus. Les arguments des uns et des autres étaient valables ou non valables mais il me semblait que quelque chose manquait à mon analyse. Elle a éclaté au grand jour hier au soir et je dois avouer que je partage entièrement le papier écrit dans la foulée de ce débat par le journaliste Bruno Roger-Petit, même si sur d’autre position, je ne partage pas ses convictions
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Bonne lecture !
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Chez Ruquier, Caroline Fourest découvre le vrai ennemi de Frigide Barjot : la laïcité
LE PLUS Modifié le 13-01-2013 à 11h39
Par Bruno Roger-Petit

Vu sur France 2, dans "On n'est pas couché", le débat Frigide Barjot-Caroline Fourest, prélude à la journée de dimanche consacrée à la "manif pour tous" organisée par les réseaux catholiques dévolus à l'UMP et l'extrême-droite.

Ce ne fut que la répétition, de part et d'autre, des arguments échangés depuis maintenant quatre mois, preuve que le débat a eu lieu et qu'il est temps d'attaquer la phase parlementaire réelle, les représentantes des deux camps n'affichant pas d'originalité particulière. Le sketch "Barjot brandit le code civil" comme Boutin brandissait la Bible est éculé et le rappel inlassable de l'existence de prêtres pédophiles, spectre encore une fois brandi par Caroline Fourest, demeure un argument hors sujet, voire "assez minable", pour reprendre une expression à la mode.


Le fait que le débat se réduise, in fine, à la télévision, à la mise en opposition de deux icônes emblématiques des communautés qui s'opposent sur la question du mariage pour tous est, hélas, un signe des temps. La télévision, reflet du temps, met en scène, sans chercher à le dépasser, l'affrontement des extrêmes. Est-ce bien indiqué sur un débat comme celui qui nous occupe, compte tenu de ce qu'il semble parvenu à un point où tous les arguments des extrêmes sont connus et reconnus ? Question livrée à la sagacité des lecteurs.

La réelle motivation des opposants

Il est pourtant un point que Caroline Fourest a soulevé au cours du débat et qui mérite d'être remarqué et développé. Derrière le refus du mariage gay, le discours des opposants à cette ouverture égalitaire révèle de plus en plus une remise en cause du principe de laïcité qui a autorisé la fondation du droit civil moderne et ses développements récents (notamment depuis 1974).

Du point de vue de Frigide Barjot et de ceux qui en ont fait leur porte étendard, le mariage gay n'est pas le déclencheur de la crise de civilisation qu'ils dénoncent, il en est l'aboutissement. Il est le dernier avatar du mouvement qui, depuis la loi de 1905, a laïcisé le Code civil, désacralisant le mariage et la filiation, construisant une famille civile et républicaine, si éloignée des prescriptions naturalistes parées d'une simili vertu anthropologique tant vantée, ces derniers temps, par ce lobby réactionnaire, héritier du catholicisme légitimiste, qui combat aujourd'hui le mariage pour tous.

Ainsi, depuis quelques semaines, de manière insidieuse et perverse, les opposants au mariage gay se saisissent de cet alibi pour remettre en cause le mariage civil et ses conséquences, s'efforcent de re-sacraliser l'ensemble au nom de l'intérêt des enfants. Tous les arguments, sans exception, qui sont mis en avant par Frigide Barjot et cie, ont pour effet collatéral de mettre en cause l'état du droit positif de la famille.

Le désir d'enfant, un caprice

Le refus de l’adoption par des couples de même sexe par exemple, sert de prétexte à s'en prendre à la législation actuelle. L'adoption est présentée comme le caprice de personnes refusant l'ordre naturel de la nature, cherchant à satisfaire une lubie et menant à l'établissement d'un marché de l'adoption ou l'enfant est un produit comme un autre. Le discours sur la nécessité pour un enfant "d'avoir un papa une maman" est également une façon de dénoncer l'adoption par les célibataires (autorisée sous la présidence de Charles de Gaulle, ce gauchiste permissif), eux aussi implicitement dénoncés comme des êtres capricieux et prêts à acheter des enfants.

Il en va de même pour le refus des couples de même sexe aux techniques de PMA. Le désir d'enfant est encore et toujours présenté comme un caprice, un refus désordonné d'accepter l'ordre naturel des choses, débouchant sur des situations de désordre. L'argument développé pour l'interdire aux couples homos vaut aussi, intrinsèquement, pour la législation actuellement en vigueur en faveur des couples hétéros. Il est même triste de noter que des personnalités de gauche, telle Sylviane Agacinski, contribue de ce point de vue à propager des préjugés, voire des mensonges sur le sujet.


Cette semaine en effet, dans "le Nouvel Observateur", la compagne de Lionel Jospin justifie son refus de la PMA autorisée pour des couples homosexuels en mettant en avant la situation des enfants déjà nés par IAD (insémination artificielle avec donneur anonyme) dans les couples hétéros : "Bien des enfants nés ainsi se révoltent contre le secret organisé sur leur naissance", dit-elle. Le problème, c'est que ce n'est pas tout à fait exact.

Dans les pays où la levée de l'anonymat des donneurs a été levée, comme en Suède, grande a été la surprise de constater qu'un nombre dérisoire de personnes voulaient en savoir plus sur leur géniteur biologique, preuve que Françoise Héritier a raison de souligner que "la filiation biologique est une hérésie, il n'y a de filiation que sociale". Quand aux cas de "révoltes", ils sont souvent le fruit des effets de loupe médiatique, mettant en relief des histoires personnelles qui ne sont pas statistiquement exemplaires. (sur ce dossier lire ICI et LA).

Moderniser la filiation, un scandale

Dans le genre, Sylviane Agacinski rejoint Frigide Barjot dans un combat contre le mariage gay qui débouche sur la contestation de la filiation moderne, tentant de la réduire au biologique, comme le souhaite le courant conservateur catholique (Eh oui ! Sylviane Agacinski est l'idiote utile des cathos réactionnaires). Frigide Barjot n'hésite pas, dans le livre qu'elle vient de publier, "Touche pas à mon sexe", à mettre en cause ce que pas un psy, même ceux qui s'opposent au mariage pour tous ne mettent en cause, à savoir que des trois piliers de la filiation, le biologique, le psychologique et le social, seuls les deux derniers sont nécessaires pour fonder la filiation réelle.

De cette série de constatations, dont la prestation de Frigide Barjot chez Ruquier était le concentré, il ressort que derrière la contestation du mariage pour tous (qui permet la contestation du droit de la famille en vigueur et de ce que la loi permet en matière de divorce, de filiation, d'adoption et de bioéthique) se révèle une contestation de la laïcité de la République qui, libérée des Églises depuis 1905, a permis et autorisé ces évolutions, parce que devenue laïque.

Qu'on ne s'y trompe pas : derrière l'hostilité au mariage pour tous, c'est la laïcité émancipatrice, qui permet à l'homme de dépasser sa condition, de s'en affranchir, de transgresser l'ordre naturel et divin des choses cher aux religions, y compris dans le droit de la famille, qui est la cible du courant catholique et conservateur à l’œuvre depuis des mois. Cette même laïcité qui, au nom de son ontologie, permet à un mouvement religieux de défiler contre elle dans une "Manif pour tous" qui porte mal son nom..
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Bruno Roger-Petit
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dimanche 16 décembre 2012

L’info du dimanche : Maurice HERZOG et l’Annapurna

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Dimanche 9 décembre 2012 :

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La rubrique dominicale de mon blog, « l’info du dimanche », cette information locale, régionale ou nationale glanée dans la presse et qui m’a fait bondir de colère ou de joie durant la semaine.

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Le 14 septembre 2012, Le Monde publie un article mettant en lumière la personnalité controversée de l’alpiniste et ancien ministre Maurice HERZOG qui s’est éteint le 14 décembre dernier. C’est cet article que je vous propose.

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C’est aussi l’occasion de rappeler que Maurice HERZOG ne serait jamais arrivé au sommet sans l’aide de celui que je considère comme le plus grand alpiniste français, Louis LACHENAL, et que tout deux ne serait jamais redescendus vivant sans l’intervention de Lionel TERRAY et Gaston REBUFFAT.

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« L’Annapurna 1950 » a été une affaire de cordées et d’hommes et non l’œuvre d’un unique « conquérant » …

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Bonne lecture !

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Maurice Herzog : la légende et ses failles

LE MONDE SPORT ET FORME du 14 septembre 2012

Par Bruno Lesprit



Ce n'est certes pas la première fois que la statue de Maurice Herzog vacille sur ses cimes. Mais l'affaire prend aujourd'hui une ampleur de tragédie grecque en raison de l'identité de l'iconoclaste : sa fille, Félicité, auteure d'un premier roman, Un héros (Grasset, 304 p., 18 €), dont le vainqueur de l'Annapurna n'est pourtant pas le personnage principal. Ce serait plutôt un autre de ses enfants, Laurent, l'aîné schizophrène, victime sacrificielle d'un héritage si encombrant qu'il peut détruire la descendance : l'épopée du "premier 8 000", conquis le 3 juin 1950, cristallisée depuis autour du "Moloch de l'Himalaya", qui paya de ses doigts et orteils le prix de son exploit.



L'écho médiatique a insisté sur les passages que la morale réprouve : le donjuanisme d'un "cannibale du sexe", multipliant les conquêtes féminines après celles des sommets, libidineux envers sa propre fille, alors que le gaullisme avait érigé son "M. Sports" en modèle pour la jeunesse. L'essentiel est ailleurs. "Le drame de mon père est l'incommunicabilité de son expérience", écrit Félicité Herzog avant d'en préciser les raisons : "C'est un hémiplégique de la sensibilité, sauf à l'égard de ceux qui ont connu des amputations - les mêmes souffrances que lui. Pour sauver les apparences d'une ascension de légende, il a réécrit l'histoire, trahi et négligé son entourage sans jamais avoir le sentiment d'avoir fait mal puisque la société le jugeait si bien."



"PEUT-ON SOULEVER UNE TELLE MONTAGNE?"



Le coup est rude. Règlement de comptes intime ? "On ne peut pas basculer de mode héros à mode salaud", répond l'auteure. De fait, ce père est parfois évoqué avec une tendre admiration : "Les cheveux poivrés, la mèche peignée, le teint hâlé, la lèvre supérieure surlignée d'une fine moustache", il "incarnait pour nous un être fabuleux". Plus loin, est décrit "le jeu de ses mains belles, brunes et mutilées, tapotant impatiemment le coude du fauteuil d'un de ses doigts reprisé comme un bas de laine par les chirurgiens à son retour de l'Annapurna".



Ces images sont précisément celles qu'a longtemps contemplées la principale adversaire de Félicité Herzog, la mémoire collective. Depuis plus de soixante ans, celle-ci refuse obstinément que l'on ose égratigner le grand "Momo", en l'obligeant à se conformer à sa légende, quitte à l'embellir. "Peut-on soulever une telle montagne ?, s'interroge sa fille. On a l'impression de violer quelque chose de fondamental. Cette irréfutabilité me semble avoir été un élément déclencheur de la maladie de mon frère." Aujourd'hui âgé de 93 ans, Maurice Herzog n'est pas en mesure de réagir, "alité et incapable d'être interviewé", nous a affirmé son épouse, Elisabeth, qui ajoute qu'"il n'a pas percuté" à la lecture du livre.



FAITS DE RÉSISTANCE



Pourquoi un roman ? Parce que ce serait la forme la plus appropriée pour répondre à un best-seller publié par Arthaud en 1951 - avec l'exagération qui le caractérise, Herzog revendique 20 millions d'exemplaires -, Annapurna, premier 8 000. "Lui-même a accompli un travail de romancier, et c'est pour cela que ça a marché, constate sa fille. Les dialogues sont reconstitués, comme les explorateurs revenant de contrées lointaines le faisaient autrefois." La photo de couverture avec Herzog brandissant un fanion tricolore au bout de son piolet a fait le tour du monde en incarnant le sursaut national après l'Occupation. La France se découvrait des héros. Herzog, en majesté. Avec Louis Lachenal, il avait atteint le sommet, où lui était apparue sainte Thérèse d'Avila. Chef de l'expédition, il avait été choisi par son ami Lucien Devies, le tout-puissant patron de l'alpinisme français. Outre ses talents d'organisateur, il avait à son actif des faits de résistance dans le massif du Mont-Blanc. Et était employé de l'entreprise de pneumatiques Kléber-Colombes, qui contribua au financement.



Ce séducteur, comparé à Clark Gable, éloquent, mondain, affole les coeurs. Les médias, à commencer par Paris Match, qui avait obtenu avec Arthaud l'exclusivité, le glorifient en "une" au détriment de ses compagnons, Louis Lachenal et Lionel Terray, pourtant la plus prestigieuse cordée de l'époque, ou Gaston Rébuffat. "Oubliant délibérément la notion trop abstraite de victoire d'équipe, afin de cristalliser l'intérêt des lecteurs sur le personnage traditionnellement fabuleux du chef, les journaux élevèrent Herzog au rang de héros national, les autres membres de l'expédition, Lachenal compris, étant relégués dans des rôles de simples comparses", notera Terray dans Les Conquérants de l'inutile (Gallimard, 1961).



FEUX DE LA RAMPE



L'expédition avait quitté Orly le 30 mars 1950 dans une grande discrétion, le jour de la mort de Léon Blum. A son retour déferle une vague spontanée d'"annapurnisme". Les 100 000 premiers exemplaires du livre, épuisés en un mois, ont été précédés par une série de conférences autour du documentaire de Marcel Ichac, un des cinq autres protagonistes avec les alpinistes Jean Couzy et Marcel Schatz, le médecin Jacques Oudot et le diplomate Francis de Noyelle. Trois étaient programmées initialement Salle Pleyel, à Paris. Il y en aura une trentaine et 600 dans toute la France. Le pays s'émeut du martyre d'Herzog et Lachenal à la descente, une course-poursuite pendant cinq semaines contre la mousson et les avalanches qui traversent la jungle et les rizières.



Pendant que ses compagnons retournent à leurs activités, Herzog ne quitte plus les feux de la rampe. Porté à la présidence du Club alpin français, bardé de distinctions, il peut rencontrer ses semblables, les grands de ce monde. Il entre dans la famille gaulliste en 1958 en étant nommé, sur la recommandation d'André Malraux, haut-commissaire (puis secrétaire d'Etat) à la jeunesse et aux sports, un poste qu'il occupera pendant huit ans, avant d'être maire de Chamonix de 1968 à 1977. Selon sa fille, son admiration pour le Général se reportera plus tard sur Jean-Marie Le Pen.



ASTICOTS MONSTRUEUX



"Je n'ai pas une très grande amitié pour Herzog, et ce sentiment est réciproque, prévient d'emblée l'ancien président du Conseil constitutionnel et alpiniste Pierre Mazeaud, qui dirigea l'expédition française victorieuse sur l'Everest en 1978. Il s'est souvent servi de sa souffrance, incontestable, pour sa carrière politique et pour entrer ensuite dans les conseils d'administration. Sa vie politique a été assez brève. Elu dans le Rhône en 1962, il a été battu. Avec le mythe, il aurait pu être député à vie. S'il avait fait son boulot."



Herzog ne ménage pourtant pas ses efforts pour entretenir son aura, ajoutant régulièrement à sa geste des éléments accueillis dans l'incrédulité. Au fil de ses Mémoires, on apprend que ce Prométhée a échappé lors du retour de l'Annapurna à un "aigle d'envergure colossale" puis à un tigre. Il y eut aussi l'anecdote des asticots monstrueux, libérés par le retrait de ses bandages, qui bondirent et attaquèrent le personnel soignant. Tout pêcheur niera que de telles bêtes puissent sauter...



Obsédé par le film Elephant Man, il rêve de convaincre David Lynch de porter sa vie à l'écran. La mythomanie se double logiquement d'une effarante mégalomanie : "D'égal à égal, dorénavant, je dialoguais avec les 8 000, ces géants qui m'entouraient", "Je me sentais l'élu de Dieu", etc. Le messie assure qu'Annapurna, premier 8000 s'est temporairement mieux vendu que la Bible dans le monde. "Mon père avait tendance à affabuler, raconte Félicité Herzog. Enfant, je sentais qu'il trichait. Il a joué son rôle et s'est enfermé dedans avec sa supériorité historique et sa tragédie personnelle, l'une alimentant l'autre." A-t-il pu mentir sur tout ? Un héros ose briser le tabou suprême - la réalité de la "victoire" - en imaginant "un pacte inavouable" entre Herzog et Lachenal. Cette hypothèse avait été soulevée en 2008 par l'écrivain et historien de l'alpinisme Yves Ballu dans un autre roman, La Conjuration du Namche Barwa (Glénat).



"DÉPERSONNALISATION, LÉGÈRE NAZIFICATION"



"Herzog ne ment plus aujourd'hui. Il a fini par se persuader qu'il est ce qu'il croit qu'il est, constate Yves Ballu. Il est intouchable après avoir sacrifié ses mains et ses pieds à la France dans une expédition non seulement nationale, mais nationaliste. C'était l'apogée et la fin de l'alpinisme colonial. Le sommet signifiait la possession, la conquête. Herzog, parce qu'il était parisien et les autres chamoniards, avait mesuré cet enjeu." Cocardier, il n'était pourtant pas le seul. "Notre race si décriée avait donné au monde le plus bel exemple de ses vertus immortelles", s'enflammera ainsi Terray.



Il faudra attendre 1996 pour que deux livres écornent la légende. Gaston Rébuffat, la montagne pour amie (Hoëbeke), d'Yves Ballu, révèle le malaise du guide. "Ah, si Herzog, au lieu de perdre ses gants, avait perdu les drapeaux, comme j'aurais été heureux !", s'écrie Rébuffat, qui évoque une "dépersonnalisation, légère nazification" lors de la cérémonie d'allégeance au chef de l'expédition et dénonce la "censure" exercée par le Comité himalayen sur les écrits de l'Annapurna. Cette dernière accusation est étayée par une nouvelle version des Carnets du vertige, de Lachenal (Michel Guérin), publiés à l'origine en 1956, après la mort du guide dans la Vallée blanche. Celle-ci rétablit les coupes pratiquées par Herzog, par son frère Gérard - qui avait mis en forme Annapurna, premier 8 000 - et par Lucien Devies. L'opposition entre le conquérant et l'alpiniste de métier - qui y a perdu lui aussi ses pieds - prend une tournure dramatique, quand leurs extrémités commencent à geler. "J'estimais que s'il continuait seul, il ne reviendrait pas, écrit Lachenal. C'est pour lui et pour lui seul que je n'ai pas fait demi-tour. Cette marche au sommet n'était pas une affaire de prestige national. C'était une affaire de cordée."



"IL COMMANDAIT AU CHARME"



Le 13 novembre 1996, Herzog réagit dans une lettre au Monde. Il affirme que "tout a été dit dans le livre Annapurna, premier 8 000" et que ses "compagnons d'expédition, y compris Louis Lachenal, ont approuvé son contenu". Alors, "peu importent ces réécritures tardives et bien mesquines au regard de cette victoire historique. Les faits sont là. Personne ne les conteste".



La polémique reprend pourtant de plus belle en 2000, lors du cinquantenaire de l'expédition, avec la publication d'Annapurna, une affaire de cordée (Michel Guérin), une enquête du journaliste américain David Roberts, désastreuse pour Herzog. Pour la contre-offensive, le patriarche n'est guère aidé par son cercle d'idolâtres. Dernière adhérente en date, Catherine de Baecque, ancienne lanceuse de marteau, qui fut la première à dénoncer les agressions sexuelles dans le sport de haut niveau, vole à son secours avec Maurice Herzog, le survivant de l'Annapurna (Arthaud, 2011), une hagiographie digne de la collection Harlequin. Pour sa défense, mieux vaut interroger l'autre dernier survivant, Francis de Noyelle, 92 ans. "J'ai passé ma vie à être son faire-valoir, mais c'est un grand bonhomme, se souvient l'officier de liaison pour l'Annapurna. Il était l'âme de l'expédition. Comme Eisenhower, il commandait au charme. Je n'ai rien à lui reprocher. Enfin, il avait tout de même calculé la longueur des cordes pour que ce soit lui qui atteigne le sommet !"



"C'EST LUI QUI AVAIT LA FOI"



Sa filleule, Marie-Laure Tanon, fille de Lucien Devies, lui reconnaît "quantité de défauts", mais déplore que "démolir Herzog fasse vendre aujourd'hui". "Le point commun de ces critiques est de réécrire l'histoire de l'Annapurna à la lumière de ce qu'il est devenu ensuite, analyse-t-elle. C'est une erreur classique et complète. Herzog a été un remarquable chef d'expédition, il a maintenu l'unité de l'équipe alors que le pari était limite. Personne n'aurait été surpris s'ils avaient échoué. C'est lui qui avait la foi."



Lors du cinquantenaire de l'expédition, l'écrivain et alpiniste Pierre Chapoutot estimait pour sa part que "le récit de Maurice Herzog a lui-même désigné les vrais héros : ce sont Terray et Rébuffat, sans qui les vainqueurs du sommet n'auraient jamais survécu". Dans son roman, Félicité Herzog n'oublie pas les sherpas et porteurs népalais, "compatissants mais magnanimes devant cette punition somme toute divine", frappant "un homme qui s'était pris pour un dieu".



Bruno Lesprit

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dimanche 9 décembre 2012

L’info du dimanche : le port de Marseille dans 15 ans…

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Dimanche 9 décembre 2012 :
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La rubrique dominicale de mon blog, « l’info du dimanche », cette information locale, régionale ou nationale glanée dans la presse et qui m’a fait bondir de colère ou de joie durant la semaine.
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Deux raisons pour m’intéresser au devenir des bassins Est du Port de Marseille : Je travaille pour une compagnie maritime et je suis né à Marseille il y a plus de cinquante ans,
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Cela fait désormais de nombreuses années qu’il est acquis que le devenir des bassins Est du GPMM doit être précisé et redéfini. Pour ceux qui ne connaissant pas la différence entre les « bassins Est » et les « bassins Ouest », les premier sont ceux se trouvant à Marseille et les deuxième sont ceux situés à Fos-sur-mer.
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Le principal facteur de blocage à une redéfinition des rôles de ces bassins était la résistance des « anciens » travaillant sur le port qui refusaient catégoriquement que le bassin « Joliette » situé en plein cœur de ville à hauteur du quartier historique du Panier, soit dévolu à autre chose qu’à des navires de fret ou à des car-ferries.
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La redéfinition de la DSP sur la Corse, l’augmentation du tonnage des car-ferries (cf. le « Tanit » qui ne peut que s’amarrer qu’au môle Léon Gourret), le développement de ports concurrents comme Toulon ont amené le fameux bassin Joliette à péricliter. Associé au développement d’Euromed qui grignote peu à peu le domaine portuaire (cf le Muceum ou le futur centre commercial des Terrasses du Port construit tous les deux sur l’ancien domaine portuaire) et à la nomination de Marseille comme capitale de la culture 2013 ont amené les autorités à demander à un expert indépendant de redéfinir le rôle des « bassins Est ».
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L’article que je vous propose de lire aujourd’hui provient du site d’actualité marseillais « Marsactu » qui analyse le pré projet issu du rapport d'Yves Cousquer
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Pour ceux que cela intéresse, vous trouverez ce fameux rapport en fin d’article.
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Bonne lecture !
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Le port se voit un avenir à l'Est
Par Benoît Gilles, le 21 novembre 2012
Site Marsactu.fr
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En cours de validation par les collectivités locales, la Charte ville/port rebat les cartes des bassins Est du grand port maritime de Marseille. Fourni en annexe, le rapport d'Yves Cousquer promet une douce révolution étalée sur 15 ans et évaluée à 450 millions.
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La charte ville/port patiente depuis plusieurs semaines dans le corridor des assemblées délibérantes des différentes collectivités locales. Pourtant ce document contractuel signe la paix des braves autour des bassins Est du Grand port maritime de Marseille(GPMM). La Ville a cru bon de freiner sa signature pour des raisons que d'aucuns jugent "subalternes". Ce qui en langage portuaire se traduit par : "Nous n'avons pas de commentaires à faire. Ces demandes relèvent des relations quotidiennes entre le port et les collectivités locales. Or, la charte ville/port acte des principes de travail entre les différents partenaires concernés par le périmètre ville/port pour les quinze prochaines années".
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Lesdites institutions se retrouveront au sein d'un comité de pilotage présidé par le préfet, flanqué d'un comité technique et d'un comité de concertation. Symbolique, la charte met tout de même fin à un dos-à-dos épuisant entre le Port et les collectivités. Elle met fin également aux appétits de certains promoteurs qui espéraient faire des quais de futurs marinas les pieds dans l'eau. Dans un bel euphémisme, la charte note : "L'interrogation s'est même emparée de certains quant à l'opportunité du maintien dans la clôture portuaire de tous ces espaces ressentis en sous activité".  Pour le reste, la charte est avant tout une feuille de route politique qui réaffirme à la fois la vocation industrielle, la valeur stratégique du tourisme et des croisières et la porosité souhaitée entre la ville et le port.
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Proposé en annexe de la charte, le rapport Cousquer - du nom de l'ingénieur des Ponts qui a présidé la commission ad hoc - est un peu plus disert sur le détail des plans prévus. C'est l'ensemble de ces projets que nous nous proposons de brosser ici, donnant un aperçu du futur du port du sud au nord.
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Le water front à la plaisance
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Au sud, il y a donc le J4, premier acte de la cession des terrains portuaires à l'établissement public Euroméditerranée. D'abord esplanade, le J4 est aujourd'hui le site d'implantation du Mucem et de la Villa Méditerranée. De là, démarre ce que le rapport Cousquer nomme le "water front" (front de mer, ça marche aussi, ndlr). Sur les bassins immédiatement attenants, le Port propose d'installer des quais destinés aux bateaux de croisière de luxe et de haute plaisance.
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"C'est la meilleure place possible pour accueillir des bateaux de petite taille, explique Régine Vinson en charge du projet ville/port au sein du GPMM. Il y a une demande sur ce segment avec une implantation proche des centres villes". Le rapport Cousquer ajoute : "Peuvent être prévus l’aménagement d’une gare maritime de croisière haut de gamme, l'accueil de services support à la grande plaisance ou à la croisière (club house, restauration, hôtellerie...)" Bref, on est loin des odeurs de cambouis...
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Le siège du port démoli
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Cet aspect "haute valeur ajoutée" court jusqu'aux bassins de la Joliette. Dans le prolongement de la place du même nom, le port propose d'offrir aux Marseillais une vraie porosité leur permettant d'aller "au contact de l'eau" le long du hangar J0 dit "Eiffel"  qui serait dédié au patrimoine portuaire, préfigurant un véritable quai d'honneur, pour l'heure inédit. Toujours dans cet esprit de "porosité", la digue du large accessible au public par navette accueillerait des "activités de restauration et de loisirs définitives ou temporaires".
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Témoignage disgracieux de choix architecturaux douteux, le siège du GPMM est appelé à disparaître pour être reconstruit sur place. Reste à trouver le logement tiroir qui accueillera les salariés durant les travaux et - détail - les 35 millions d'euros de la facture. Autre nouveauté, le futur siège s'ouvrirait vers le sud (et le quai d'honneur) plutôt que sur la place de la Joliette. Les équipes d'Hammerson, propriétaire des Terrasses du Port, seront ravies de cette nouvelle, eux qui grimaçaient de subir un tel voisinage alors qu'il paie un lourd loyer au Grand port maritime.
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L'ensemble du secteur sud représente également un fort potentiel immobilier. Le rapport Cousquer l'évalue à 200 000 m2, comprenant la réaffectation des surfaces du J1, J0 et du siège. Ces mètres carrés seraient donc mis sur le marché dans le but d'attirer de l'immobilier de bureaux au sud des Terrasses du port. Au nord, ce sont les activités logistiques qui sont susceptibles d'être accueillies. Ces implantations se feront en bonne intelligence avec Euroméditerranée.
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Le Maghreb migre au nord
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Du côté des ferries, le mouvement se poursuit. Si les bateaux de la SNCM restent à quai de la Joliette à Arenc, ceux qui assurent la desserte des pays maghrébins sont appelés à glisser plus au nord du côté du cap Janet. Satisfaisant ainsi une demande réitérée du président d'Euroméditerranée, Guy Teyssier pestant contre les "voitures cathédrales qui tournent dans le quartier des affaires en cherchant leur chemin". Mais ce n'est pas sur cet argument que la décision s'est prise, argumente Régine Vinson : "Fos accueille le trafic mondial et Marseille se concentre sur le trafic méditerranéen. Aujourd'hui, de plus en plus de navires qui assurent ces liaisons ont une vocation mixte, fret et passagers. Or, comme le Tanit, ils mesurent souvent plus de 200 mètres. Nous avons donc besoin de quais adaptés".
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Ce glissement demandera des travaux avec la destruction d'un môle au niveau du cap Janet pour permettre aux navires de manœuvrer. Dans son commentaire du Schéma de cohérence territorial (Scot) de la communauté urbaine, le conseil régional s'alarmait : "Un tel transfert doit être accompagné d'une politique d'aménagement et de services de façon à veiller ce que les facilités essentielles soient offertes aux voyageurs sur le site et éviter tout sentiment de stigmatisation". C'est sûr qu'embarquer pour le bled entre deux poids lourds n'est pas forcément un joli premier souvenir de vacances.
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Le cœur de la vocation industrielle du port s'incarne elle à Mourepiane où le trafic de containers doit être considérablement relancé notamment en réactivant le faisceau ferroviaire obsolète et en le reliant au réseau existant. À ce propos, le rapport Cousquer note un besoin de terrains en zone arriéro-portuaire pour accueillir les activités de maintenance et de stockage des containers. La charte comme le rapport mentionnent le potentiel du massif de la Nerthe, qui est bien inscrit au Plan local d'urbanisme de la communauté urbaine en cours de révision. La région a là encore fait montre de réserves dans son avis rendu sur le Scot. Quant aux riverains, ils espèrent que ces containers soient maintenus sur l'espace portuaire. "Nous n'avons pas tant de place que cela, justifie Régine Vinson. On ne peut conserver sur les terminaux que les stocks tampons. Nous avons besoin d'espaces dédiés en dehors du port".
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A partir de la forme 10 - en cours de financement - le port souhaite installer un pôle de haute plaisance en relançant un appel à projet abandonné en 2008. Il prévoit également d'agrandir les plages publiques des Corbières et d'implanter des nouveaux anneaux (150) dans le port de Saumaty, sans que rien soit dit sur l'avenir des artisans pêcheurs qui y résident actuellement.
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Qui paie quoi, à qui et quand?
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Deux inconnues majeures obscurcissent le tableau général : la question du temps et de l'argent. Concernant le phasage, le rapport Cousquer ne renvoie pas aux Calendes grecques mais presque. La date la plus proche, est "la préparation du transfert Maghreb entre 2014 et 2016" pour un transfert réel en 2017. Pour le reste, 2020 est l'horizon le plus fréquent. Le rapport repousse même au-delà de cette période l'implantation d'activités tertiaires dans la partie sud du port.
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Le même flou accompagne le financement des projets si ce n'est la hauteur du chiffre global : 450 millions d'euros sur dix ou quinze ans. La ventilation par poste laisse rêveur : 70 millions pour déplacer le terminal Maghreb, 190 millions pour adapter les bassins de la Joliette aux navires de plus de 200 mètres de long (sans compter 50 millions pour la gare Corse), 90 millions pour les installations de la Joliette (dont 35 millions pour démolir et reconstruire le siège et 55 millions pour préparer l'implantation de nouvelles activités), et 55 millions pour le pôle marchandises.
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Comme le dit très pieusement le rapport Cousquer, tout ceci demande encore "une validation économique et financières du modèle économique du port aménageur et des contributions demandées aux collectivités locales et à l'État". Autrement dit, l'exercice délicat qui consiste à passer du rêve à la réalité...

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Lien internet du rapport pour ceux qui ne peuvent pas le lire ci-dessus :

 http://www.scribd.com/doc/113908603/Projet-Charte-Ville-Port

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