dimanche 13 janvier 2013

L’info du dimanche : Le vrai ennemi : la laïcité


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Dimanche 13 janvier 2013 : 
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La rubrique dominicale de mon blog, « l’info du dimanche », cette information locale, régionale ou nationale glanée dans la presse et qui m’a fait bondir de colère ou de joie durant la semaine.
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Aujourd’hui, les opposants au « mariage pour tous » défilent à Paris. Hier, à on n’est pas couché, Caroline FOUREST et Frigide BARDOT ont tenté de débattre et ont démontré qu’il est  temps de quitter le débat public qui devient redondant et où les positions des uns et des autre sont désormais bien ancrés et inébranlables pour enfin atteindre l’hémicycle pour légiférer ou non.

Depuis quelques semaines, je me posais des questions sur ce débat. Quelque chose m’échappait sans que je parvienne réellement à mettre le doigt dessus. Les arguments des uns et des autres étaient valables ou non valables mais il me semblait que quelque chose manquait à mon analyse. Elle a éclaté au grand jour hier au soir et je dois avouer que je partage entièrement le papier écrit dans la foulée de ce débat par le journaliste Bruno Roger-Petit, même si sur d’autre position, je ne partage pas ses convictions
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Bonne lecture !
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Chez Ruquier, Caroline Fourest découvre le vrai ennemi de Frigide Barjot : la laïcité
LE PLUS Modifié le 13-01-2013 à 11h39
Par Bruno Roger-Petit

Vu sur France 2, dans "On n'est pas couché", le débat Frigide Barjot-Caroline Fourest, prélude à la journée de dimanche consacrée à la "manif pour tous" organisée par les réseaux catholiques dévolus à l'UMP et l'extrême-droite.

Ce ne fut que la répétition, de part et d'autre, des arguments échangés depuis maintenant quatre mois, preuve que le débat a eu lieu et qu'il est temps d'attaquer la phase parlementaire réelle, les représentantes des deux camps n'affichant pas d'originalité particulière. Le sketch "Barjot brandit le code civil" comme Boutin brandissait la Bible est éculé et le rappel inlassable de l'existence de prêtres pédophiles, spectre encore une fois brandi par Caroline Fourest, demeure un argument hors sujet, voire "assez minable", pour reprendre une expression à la mode.


Le fait que le débat se réduise, in fine, à la télévision, à la mise en opposition de deux icônes emblématiques des communautés qui s'opposent sur la question du mariage pour tous est, hélas, un signe des temps. La télévision, reflet du temps, met en scène, sans chercher à le dépasser, l'affrontement des extrêmes. Est-ce bien indiqué sur un débat comme celui qui nous occupe, compte tenu de ce qu'il semble parvenu à un point où tous les arguments des extrêmes sont connus et reconnus ? Question livrée à la sagacité des lecteurs.

La réelle motivation des opposants

Il est pourtant un point que Caroline Fourest a soulevé au cours du débat et qui mérite d'être remarqué et développé. Derrière le refus du mariage gay, le discours des opposants à cette ouverture égalitaire révèle de plus en plus une remise en cause du principe de laïcité qui a autorisé la fondation du droit civil moderne et ses développements récents (notamment depuis 1974).

Du point de vue de Frigide Barjot et de ceux qui en ont fait leur porte étendard, le mariage gay n'est pas le déclencheur de la crise de civilisation qu'ils dénoncent, il en est l'aboutissement. Il est le dernier avatar du mouvement qui, depuis la loi de 1905, a laïcisé le Code civil, désacralisant le mariage et la filiation, construisant une famille civile et républicaine, si éloignée des prescriptions naturalistes parées d'une simili vertu anthropologique tant vantée, ces derniers temps, par ce lobby réactionnaire, héritier du catholicisme légitimiste, qui combat aujourd'hui le mariage pour tous.

Ainsi, depuis quelques semaines, de manière insidieuse et perverse, les opposants au mariage gay se saisissent de cet alibi pour remettre en cause le mariage civil et ses conséquences, s'efforcent de re-sacraliser l'ensemble au nom de l'intérêt des enfants. Tous les arguments, sans exception, qui sont mis en avant par Frigide Barjot et cie, ont pour effet collatéral de mettre en cause l'état du droit positif de la famille.

Le désir d'enfant, un caprice

Le refus de l’adoption par des couples de même sexe par exemple, sert de prétexte à s'en prendre à la législation actuelle. L'adoption est présentée comme le caprice de personnes refusant l'ordre naturel de la nature, cherchant à satisfaire une lubie et menant à l'établissement d'un marché de l'adoption ou l'enfant est un produit comme un autre. Le discours sur la nécessité pour un enfant "d'avoir un papa une maman" est également une façon de dénoncer l'adoption par les célibataires (autorisée sous la présidence de Charles de Gaulle, ce gauchiste permissif), eux aussi implicitement dénoncés comme des êtres capricieux et prêts à acheter des enfants.

Il en va de même pour le refus des couples de même sexe aux techniques de PMA. Le désir d'enfant est encore et toujours présenté comme un caprice, un refus désordonné d'accepter l'ordre naturel des choses, débouchant sur des situations de désordre. L'argument développé pour l'interdire aux couples homos vaut aussi, intrinsèquement, pour la législation actuellement en vigueur en faveur des couples hétéros. Il est même triste de noter que des personnalités de gauche, telle Sylviane Agacinski, contribue de ce point de vue à propager des préjugés, voire des mensonges sur le sujet.


Cette semaine en effet, dans "le Nouvel Observateur", la compagne de Lionel Jospin justifie son refus de la PMA autorisée pour des couples homosexuels en mettant en avant la situation des enfants déjà nés par IAD (insémination artificielle avec donneur anonyme) dans les couples hétéros : "Bien des enfants nés ainsi se révoltent contre le secret organisé sur leur naissance", dit-elle. Le problème, c'est que ce n'est pas tout à fait exact.

Dans les pays où la levée de l'anonymat des donneurs a été levée, comme en Suède, grande a été la surprise de constater qu'un nombre dérisoire de personnes voulaient en savoir plus sur leur géniteur biologique, preuve que Françoise Héritier a raison de souligner que "la filiation biologique est une hérésie, il n'y a de filiation que sociale". Quand aux cas de "révoltes", ils sont souvent le fruit des effets de loupe médiatique, mettant en relief des histoires personnelles qui ne sont pas statistiquement exemplaires. (sur ce dossier lire ICI et LA).

Moderniser la filiation, un scandale

Dans le genre, Sylviane Agacinski rejoint Frigide Barjot dans un combat contre le mariage gay qui débouche sur la contestation de la filiation moderne, tentant de la réduire au biologique, comme le souhaite le courant conservateur catholique (Eh oui ! Sylviane Agacinski est l'idiote utile des cathos réactionnaires). Frigide Barjot n'hésite pas, dans le livre qu'elle vient de publier, "Touche pas à mon sexe", à mettre en cause ce que pas un psy, même ceux qui s'opposent au mariage pour tous ne mettent en cause, à savoir que des trois piliers de la filiation, le biologique, le psychologique et le social, seuls les deux derniers sont nécessaires pour fonder la filiation réelle.

De cette série de constatations, dont la prestation de Frigide Barjot chez Ruquier était le concentré, il ressort que derrière la contestation du mariage pour tous (qui permet la contestation du droit de la famille en vigueur et de ce que la loi permet en matière de divorce, de filiation, d'adoption et de bioéthique) se révèle une contestation de la laïcité de la République qui, libérée des Églises depuis 1905, a permis et autorisé ces évolutions, parce que devenue laïque.

Qu'on ne s'y trompe pas : derrière l'hostilité au mariage pour tous, c'est la laïcité émancipatrice, qui permet à l'homme de dépasser sa condition, de s'en affranchir, de transgresser l'ordre naturel et divin des choses cher aux religions, y compris dans le droit de la famille, qui est la cible du courant catholique et conservateur à l’œuvre depuis des mois. Cette même laïcité qui, au nom de son ontologie, permet à un mouvement religieux de défiler contre elle dans une "Manif pour tous" qui porte mal son nom..
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Bruno Roger-Petit
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samedi 12 janvier 2013

Une photo « culte » pour mémoire : « Srebrenica 1995 »

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Samedi 12 janvier 2013 : 
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Comme vous le savez, la photo m’a toujours intéressé (cf mon site personnel). Une photo récente m’a donné envie de partager avec vous certaines photos que je considère « culte » par leur histoire, leur force émotionnelle, leur rendu. Donc, aujourd’hui … « Srebrenica 1995 »
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Wikipedia : «  Le Massacre de Srebrenica, également appelé « Génocide de Srebrenica », désigne le massacre de 6 000  à 8 000 hommes et adolescents bosniaques, aussi appelés « Musulmans» (qui était un groupe ethnique dans la Yougoslavie titiste) , dans la région de Srebrenica en Bosnie-Herzégovine au mois de juillet 1995 durant la guerre de Bosnie-Herzégovine.
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Les massacres ont été perpétrés par des unités de l'Armée de la République serbe de Bosnie (VRS) sous le commandement du général Ratko Mladić, appuyées par une unité paramilitaire de Serbie, les Scorpions, dans une ville déclarée « zone de sécurité » par l'Organisation des Nations unies (ONU). Cette dernière y maintenait une force d'environ 400 Casques bleus néerlandais, présents dans la région de Srebrenica au moment du massacre.
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Le massacre de Srebrenica est considéré comme le « pire massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » et a été qualifié de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et la Cour internationale de justice à plusieurs reprises, bien qu'il existe des négationistes de l'existence d'un génocide.
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Un mémorial a été créé à Potočari en mémoire des victimes du massacre.
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Srebrenica, la ville martyre, enclave peuplée de Bosniaques située à l'est de la Bosnie-Herzégovine. Tous les 11 juillet, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent au mémorial de Potocari, à l'endroit où, en 1995, en l'espace de quelques jours, au moins 7 000 Bosniaques ont été exécutés. Encore aujourd'hui, à mesure de l'identification des victimes, on procède à des inhumations dans l'immense cimetière qui ne cesse de s'agrandir à flanc de colline.. »
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vendredi 11 janvier 2013

Ce que j’ai twitté (j’aurais pu) cette semaine !

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Vendredi 10 janvier 2013 :

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Ma rubrique du vendredi : la reprise des tweets que j’ai posté (ou que j’aurais pu poster) durant cette longue semaine.

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Remarque : A la demande de plusieurs lecteurs assidus de ce blog, je retire tous les hashtags de mes tweets et reformulent certaines abréviations utilisées. Ne cherchez donc plus les sacro saints 140 caractères !

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Meilleurs vœux 2013 :

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01 : Premier tweet en 2013 et mes meilleurs vœux à tous ceux qui me suivent. Que 2013 leur apporte tout ce qu'il désire au fond de leur cœur

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Depardieu en Russie :

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02 : MARAVAL n'a peut-être pas tort. MISSONNIER amène de l'eau à son moulin avec l'idée vraiment "con" de payer les acteurs en fonction du budget du film et non l’inverse.

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03 : Depardieu trouve la Russie démocratique, Bardot veut aller à Moscou. Vous ais-je dit ce que j'en pensais ? Allez-y, on ne vous retient pas !



04 : BB menace de quitter le territoire pour la Russie parce qu'elle ne supporte plus la France. Cà tombe bien car cela fait longtemps que je ne la supporte plus.

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05 : Puis-je conseiller à Brigitte BARDOT de gagner Moscou à dos d'éléphants ? C'est bon, je m'en vais aussi !

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Démission de Malik MERSALI :

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06 : Malik MERSALI démissionne de son poste d'adjoint aux finances: une énorme perte pour #Vitrolles où il va grandement manquer.

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Débat sur la « Mariage pour tous » :

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07 : Après avoir écouté le P.Marc LAMBRET dans le Grand Journal, je réitère mon conseil à Vincent PEILLON (1/2)

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08 : Au lieu de tancer le privé, il faut organiser des «débats» du type de ceux préconisés par ce prêtre; dans toutes les écoles publiques ! (2/2)

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09 : Décidément, les rosbeefs ne font jamais les choses comme les autres ! Mais que fait la Reine ! lemondedesreligions : L’église anglicane autorise l’ordination des évêques gays

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Nomination au C.S.A. :

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09 : Memona HINTERMANN, journaliste (F3) spécialiste du Proche-Orient, entre au #CSA. Il y a des nominations que j'aime plus que d'autres. Bravo

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Le Museum au stadium, c’est fini :

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10 : Maryse a encore frappé ! Inutile de vous dire que je ne suis pas très content ! http://www.laprovence.com/article/actualites/quel-sera-lavenir-du-stadium-sil-ne-devient-plus-un-museum#comment-3774245 … via @laprovence

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Vendée Globe Virtuel :

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11 : J’ai doublé le Cap Horn ce matin à 4 h 23’ dans le Vendée Globe Virtuel et remonte désormais dans l’Atlantique Sud vers Les Sables d’Olonne !

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Fin de la sélection de tweets pour cette semaine. A vendredi prochain

Pour me suivre : @mathon13127

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jeudi 10 janvier 2013

Mariage pour tous: "Dans une société en crise, il faut obtenir l'unité du pays"

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Jeudi 10 janvier 2013 :

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François Bayrou, président du MoDem, a mis en garde mardi contre une "exaspération des oppositions" autour du mariage homosexuel, jugeant que c'est "malsain" dans un pays en crise, sur le plateau d'i>télé. 

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Interrogé par Christophe Barbier, l'ancien candidat à l'Elysée a indiqué qu'il n'irait pas manifester contre cette réforme dimanche, parce que "dans une société en crise, ce qu'il faut obtenir, c'est l'unité du pays et non l'opposition à l'intérieur de la société". 

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"Le gouvernement a une responsabilité importante", a estimé l'ancien député béarnais. On pouvait, selon lui, "répondre à l'attente" des couples, des associations "qui demandaient reconnaissance et droits", "sans porter atteinte à ce que des millions de Français considèrent comme très précieux, cet héritage que le mariage représente pour eux". 

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Sa proposition est "une union reconnue, et pas le mot de mariage qui signifie tout à fait autre chose". 

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François Bayrou a pointé "une exaspération des oppositions au sein du pays", et "ceci est très malsain pour un peuple et spécialement pour un peuple en crise". Il a jugé "excessif et blessant" l'avertissement lancé par le ministre de l'Education contre des débats au sein de l'enseignement catholique sur le mariage homosexuel. Mais "de la même manière, les responsables de l'enseignement privé doivent réfléchir à ce que signifie la mission d'éducation". Il faut, aux yeux de François Bayrou, "défendre ses idées tout en faisant en sorte que ceux qui ne sont pas de votre avis ne se trouvent pas, au bout du compte, blessés et dominés". 

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 "La solution existe pour qu'on fasse prévaloir la compréhension réciproque et pas l'antagonisme et l'affrontement perpétuels, dans lesquels un pays en crise ne peut pas triompher de ses difficultés", a-t-il insisté.

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mercredi 9 janvier 2013

Au revoir, monsieur l’adjoint aux finances



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Mercredi 9 janvier 2013 :  
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 L’actualité vitrollaise est des plus chargée actuellement et le dernier rebondissement en date fait tanguer  le vaisseau de notre ville.
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Après plus de dix ans au service des vitrollais, Malik MERSALI, vient de quitter son poste d’adjoint aux Finances, pour raisons personnelles. Ses nouvelles fonctions au sein de l’Education nationale, sa vie personnelle, son engagement toujours plein et entier l’ont amené à prendre du recul,  non sans avoir fait adopté par le Conseil  Municipal, son budget pour 2013.  

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Bien que d’une tendance politique pas forcement en accord avec la mienne, force est de constater que Malik MERSALI a donné de sa personne pour notre ville et qu’il a fait honneur au fait d’être vitrollais. 
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Je suis convaincu que, dans cette histoire, Vitrolles va être la grande perdante car la municipalité perd non seulement un homme à la compétence reconnue de tous et moteur dans ses domaines de compétences mais aussi une personne ouverte aux idées et prêtes aux débats, de quelques natures ils soient. 
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Par ce départ, je suis aussi convaincu que ce conseil municipal perd à la fois beaucoup de crédibilité et de compétences et que son remplacement va être des plus difficile. 
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Bonne route Malik
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mardi 8 janvier 2013

Les vœux de François BAYROU


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Mardi 8 janvier 2013 : .
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Avec retard, je publie sur ce site les vœux de François BAYROU pour l'année 2013. 
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Bon visionnage 
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lundi 7 janvier 2013

Meilleurs vœux 2013 et quelques grandes illusions !

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Lundi 7 janvier 2013 :
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Après quinze jours de vacance bien méritée pour mon blog, nous voici donc à la reprise pour une année qui s’annonce de transition, mais qui n’en sera rien, nous le savons tous, en attendant la dure bataille de 2014.
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Au début de l’année 2012, je souhaitais que notre futur président ne soit issu « ni d’un clan de droite arque bouté autour d’un Nicolas SARKOZY déconnecté de toute réalité, ni d’un clan de gauche qui ne sait choisir son cap et ne se rend pas compte qu’il fonce droit sur les récifs ».
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La France a choisi été j’ai aussi choisi. Nous devons faire avec. Je regrette par contre qu’au lieu de privilégier les affaires urgentes et problématiques, le gouvernement préfère se focaliser sur des débats secondaires.
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A ce propos, pour clarifier ma position sur un sujet passionnel sur lequel jusqu’à présent je ne me suis pas prononcé, je dois avouer que le débat sur ce que l’on nomme « le mariage pour tous » me laisse totalement de marbre. Instituer pour les couples homosexuels reconnaissance, droits et devoirs est nécessaire. J’aurais simplement préféré qu’on le nomme « Union » plutôt que « Mariage ». Pour le reste, tous ces débats et prises de positions ne sont que fadaises et billevesées.
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Tout ce que l’on obtient dans ces débats que l’on nous présente comme étant sociétal, c’est une crispation de la société sur des positions soit rétrograde et dépassée, soit extrémistes et sans base logique. La virulence et l’extrémisme des positions ne mènent jamais à rien de bon.
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Notre pays a besoin d'une union nationale autour des valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité plus que de querelles politiciennes stériles qui n’amène aucune solution. Il est plus que temps de s’en rappeler.
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Mais je n’oublie pas Vitrolles dans ce papier. Cette année va être intense en tractation politique. Chacun va essayer au mieux de monter sa propre liste pour tenter de remporter le saint Graal : le fauteuil du maire, au pire trouver une place sur l’une des dites listes.
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Il y aura des rancœurs, (il y en a déjà), des coups bas, des traitrises mais aussi de véritables citoyens qui, loin des marigots pestilentiels de la politique, voudront ce qu’il y a de meilleurs pour notre ville.
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Car Vitrolles mérite ce qu’il y a de meilleurs car, comme déjà je l’écrivais l’année dernière, « sous les atours peu seyant que certains tentent de lui faire endosser (la robe de l’insécurité, le manteau du chômage, l’écharpe de l’urbanisme effréné), Vitrolles est en fait un petit joyau qui ne demande qu’à se faire connaître ». C’est du devoir de tout vitrollais de défendre notre ville et d’en faire publicité.
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C’est pourquoi, au-delà des sempiternels vœux de santé et de bonheur, je souhaite que nous soyons tous à l’écoute de notre ville et que nous œuvrions, loin des opinions partisanes, au développement, à l’essor et au bien-être de Vitrolles. Il en va de l'intérêt général.
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Bonne année 2013 à tous.
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lundi 24 décembre 2012

Joyeux Noël et bonnes fêtes à tous

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Lundi 24 décembre 2012 : 



A tous les lecteurs de ce blog, au-delà de nos croyances respectives, de nos couleurs de peaux ou de nos opinions politiques, laissez-moi vous souhaiter :

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un Joyeux Noël

et 

de bonnes fêtes


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Maniez avec précaution aussi bien le foie gras que les chocolats et n’abusez pas trop des boissons pétillantes en provenance de Champagne ou d’autres régions de productions.
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Je profite de ce message pour vous remercier de votre fidélité et de l’attention que vous portez à mes articles. Même si vous n’êtes pas d’accord avec moi, je sais que vous lisez mes avis avec attention.
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Ce blog bascule ce soir en mode « vacances » jusqu’au 3 janvier 2013.
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Bien entendu, si l’actualité le nécessite, j’interviendrais en reprenant le fil de mes commentaires. Et, si l’envie m’en prend, peut-être trouverais-je le temps d’écrire un ou deux articles, qui sait !
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Continuez à y venir de temps en temps mais … n’en abusez pas trop au détriment de votre famille.
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Passez de bonnes fêtes et à bientôt !
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Jean-Claude MATHON

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dimanche 16 décembre 2012

L’info du dimanche : Maurice HERZOG et l’Annapurna

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Dimanche 9 décembre 2012 :

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La rubrique dominicale de mon blog, « l’info du dimanche », cette information locale, régionale ou nationale glanée dans la presse et qui m’a fait bondir de colère ou de joie durant la semaine.

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Le 14 septembre 2012, Le Monde publie un article mettant en lumière la personnalité controversée de l’alpiniste et ancien ministre Maurice HERZOG qui s’est éteint le 14 décembre dernier. C’est cet article que je vous propose.

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C’est aussi l’occasion de rappeler que Maurice HERZOG ne serait jamais arrivé au sommet sans l’aide de celui que je considère comme le plus grand alpiniste français, Louis LACHENAL, et que tout deux ne serait jamais redescendus vivant sans l’intervention de Lionel TERRAY et Gaston REBUFFAT.

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« L’Annapurna 1950 » a été une affaire de cordées et d’hommes et non l’œuvre d’un unique « conquérant » …

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Bonne lecture !

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Maurice Herzog : la légende et ses failles

LE MONDE SPORT ET FORME du 14 septembre 2012

Par Bruno Lesprit



Ce n'est certes pas la première fois que la statue de Maurice Herzog vacille sur ses cimes. Mais l'affaire prend aujourd'hui une ampleur de tragédie grecque en raison de l'identité de l'iconoclaste : sa fille, Félicité, auteure d'un premier roman, Un héros (Grasset, 304 p., 18 €), dont le vainqueur de l'Annapurna n'est pourtant pas le personnage principal. Ce serait plutôt un autre de ses enfants, Laurent, l'aîné schizophrène, victime sacrificielle d'un héritage si encombrant qu'il peut détruire la descendance : l'épopée du "premier 8 000", conquis le 3 juin 1950, cristallisée depuis autour du "Moloch de l'Himalaya", qui paya de ses doigts et orteils le prix de son exploit.



L'écho médiatique a insisté sur les passages que la morale réprouve : le donjuanisme d'un "cannibale du sexe", multipliant les conquêtes féminines après celles des sommets, libidineux envers sa propre fille, alors que le gaullisme avait érigé son "M. Sports" en modèle pour la jeunesse. L'essentiel est ailleurs. "Le drame de mon père est l'incommunicabilité de son expérience", écrit Félicité Herzog avant d'en préciser les raisons : "C'est un hémiplégique de la sensibilité, sauf à l'égard de ceux qui ont connu des amputations - les mêmes souffrances que lui. Pour sauver les apparences d'une ascension de légende, il a réécrit l'histoire, trahi et négligé son entourage sans jamais avoir le sentiment d'avoir fait mal puisque la société le jugeait si bien."



"PEUT-ON SOULEVER UNE TELLE MONTAGNE?"



Le coup est rude. Règlement de comptes intime ? "On ne peut pas basculer de mode héros à mode salaud", répond l'auteure. De fait, ce père est parfois évoqué avec une tendre admiration : "Les cheveux poivrés, la mèche peignée, le teint hâlé, la lèvre supérieure surlignée d'une fine moustache", il "incarnait pour nous un être fabuleux". Plus loin, est décrit "le jeu de ses mains belles, brunes et mutilées, tapotant impatiemment le coude du fauteuil d'un de ses doigts reprisé comme un bas de laine par les chirurgiens à son retour de l'Annapurna".



Ces images sont précisément celles qu'a longtemps contemplées la principale adversaire de Félicité Herzog, la mémoire collective. Depuis plus de soixante ans, celle-ci refuse obstinément que l'on ose égratigner le grand "Momo", en l'obligeant à se conformer à sa légende, quitte à l'embellir. "Peut-on soulever une telle montagne ?, s'interroge sa fille. On a l'impression de violer quelque chose de fondamental. Cette irréfutabilité me semble avoir été un élément déclencheur de la maladie de mon frère." Aujourd'hui âgé de 93 ans, Maurice Herzog n'est pas en mesure de réagir, "alité et incapable d'être interviewé", nous a affirmé son épouse, Elisabeth, qui ajoute qu'"il n'a pas percuté" à la lecture du livre.



FAITS DE RÉSISTANCE



Pourquoi un roman ? Parce que ce serait la forme la plus appropriée pour répondre à un best-seller publié par Arthaud en 1951 - avec l'exagération qui le caractérise, Herzog revendique 20 millions d'exemplaires -, Annapurna, premier 8 000. "Lui-même a accompli un travail de romancier, et c'est pour cela que ça a marché, constate sa fille. Les dialogues sont reconstitués, comme les explorateurs revenant de contrées lointaines le faisaient autrefois." La photo de couverture avec Herzog brandissant un fanion tricolore au bout de son piolet a fait le tour du monde en incarnant le sursaut national après l'Occupation. La France se découvrait des héros. Herzog, en majesté. Avec Louis Lachenal, il avait atteint le sommet, où lui était apparue sainte Thérèse d'Avila. Chef de l'expédition, il avait été choisi par son ami Lucien Devies, le tout-puissant patron de l'alpinisme français. Outre ses talents d'organisateur, il avait à son actif des faits de résistance dans le massif du Mont-Blanc. Et était employé de l'entreprise de pneumatiques Kléber-Colombes, qui contribua au financement.



Ce séducteur, comparé à Clark Gable, éloquent, mondain, affole les coeurs. Les médias, à commencer par Paris Match, qui avait obtenu avec Arthaud l'exclusivité, le glorifient en "une" au détriment de ses compagnons, Louis Lachenal et Lionel Terray, pourtant la plus prestigieuse cordée de l'époque, ou Gaston Rébuffat. "Oubliant délibérément la notion trop abstraite de victoire d'équipe, afin de cristalliser l'intérêt des lecteurs sur le personnage traditionnellement fabuleux du chef, les journaux élevèrent Herzog au rang de héros national, les autres membres de l'expédition, Lachenal compris, étant relégués dans des rôles de simples comparses", notera Terray dans Les Conquérants de l'inutile (Gallimard, 1961).



FEUX DE LA RAMPE



L'expédition avait quitté Orly le 30 mars 1950 dans une grande discrétion, le jour de la mort de Léon Blum. A son retour déferle une vague spontanée d'"annapurnisme". Les 100 000 premiers exemplaires du livre, épuisés en un mois, ont été précédés par une série de conférences autour du documentaire de Marcel Ichac, un des cinq autres protagonistes avec les alpinistes Jean Couzy et Marcel Schatz, le médecin Jacques Oudot et le diplomate Francis de Noyelle. Trois étaient programmées initialement Salle Pleyel, à Paris. Il y en aura une trentaine et 600 dans toute la France. Le pays s'émeut du martyre d'Herzog et Lachenal à la descente, une course-poursuite pendant cinq semaines contre la mousson et les avalanches qui traversent la jungle et les rizières.



Pendant que ses compagnons retournent à leurs activités, Herzog ne quitte plus les feux de la rampe. Porté à la présidence du Club alpin français, bardé de distinctions, il peut rencontrer ses semblables, les grands de ce monde. Il entre dans la famille gaulliste en 1958 en étant nommé, sur la recommandation d'André Malraux, haut-commissaire (puis secrétaire d'Etat) à la jeunesse et aux sports, un poste qu'il occupera pendant huit ans, avant d'être maire de Chamonix de 1968 à 1977. Selon sa fille, son admiration pour le Général se reportera plus tard sur Jean-Marie Le Pen.



ASTICOTS MONSTRUEUX



"Je n'ai pas une très grande amitié pour Herzog, et ce sentiment est réciproque, prévient d'emblée l'ancien président du Conseil constitutionnel et alpiniste Pierre Mazeaud, qui dirigea l'expédition française victorieuse sur l'Everest en 1978. Il s'est souvent servi de sa souffrance, incontestable, pour sa carrière politique et pour entrer ensuite dans les conseils d'administration. Sa vie politique a été assez brève. Elu dans le Rhône en 1962, il a été battu. Avec le mythe, il aurait pu être député à vie. S'il avait fait son boulot."



Herzog ne ménage pourtant pas ses efforts pour entretenir son aura, ajoutant régulièrement à sa geste des éléments accueillis dans l'incrédulité. Au fil de ses Mémoires, on apprend que ce Prométhée a échappé lors du retour de l'Annapurna à un "aigle d'envergure colossale" puis à un tigre. Il y eut aussi l'anecdote des asticots monstrueux, libérés par le retrait de ses bandages, qui bondirent et attaquèrent le personnel soignant. Tout pêcheur niera que de telles bêtes puissent sauter...



Obsédé par le film Elephant Man, il rêve de convaincre David Lynch de porter sa vie à l'écran. La mythomanie se double logiquement d'une effarante mégalomanie : "D'égal à égal, dorénavant, je dialoguais avec les 8 000, ces géants qui m'entouraient", "Je me sentais l'élu de Dieu", etc. Le messie assure qu'Annapurna, premier 8000 s'est temporairement mieux vendu que la Bible dans le monde. "Mon père avait tendance à affabuler, raconte Félicité Herzog. Enfant, je sentais qu'il trichait. Il a joué son rôle et s'est enfermé dedans avec sa supériorité historique et sa tragédie personnelle, l'une alimentant l'autre." A-t-il pu mentir sur tout ? Un héros ose briser le tabou suprême - la réalité de la "victoire" - en imaginant "un pacte inavouable" entre Herzog et Lachenal. Cette hypothèse avait été soulevée en 2008 par l'écrivain et historien de l'alpinisme Yves Ballu dans un autre roman, La Conjuration du Namche Barwa (Glénat).



"DÉPERSONNALISATION, LÉGÈRE NAZIFICATION"



"Herzog ne ment plus aujourd'hui. Il a fini par se persuader qu'il est ce qu'il croit qu'il est, constate Yves Ballu. Il est intouchable après avoir sacrifié ses mains et ses pieds à la France dans une expédition non seulement nationale, mais nationaliste. C'était l'apogée et la fin de l'alpinisme colonial. Le sommet signifiait la possession, la conquête. Herzog, parce qu'il était parisien et les autres chamoniards, avait mesuré cet enjeu." Cocardier, il n'était pourtant pas le seul. "Notre race si décriée avait donné au monde le plus bel exemple de ses vertus immortelles", s'enflammera ainsi Terray.



Il faudra attendre 1996 pour que deux livres écornent la légende. Gaston Rébuffat, la montagne pour amie (Hoëbeke), d'Yves Ballu, révèle le malaise du guide. "Ah, si Herzog, au lieu de perdre ses gants, avait perdu les drapeaux, comme j'aurais été heureux !", s'écrie Rébuffat, qui évoque une "dépersonnalisation, légère nazification" lors de la cérémonie d'allégeance au chef de l'expédition et dénonce la "censure" exercée par le Comité himalayen sur les écrits de l'Annapurna. Cette dernière accusation est étayée par une nouvelle version des Carnets du vertige, de Lachenal (Michel Guérin), publiés à l'origine en 1956, après la mort du guide dans la Vallée blanche. Celle-ci rétablit les coupes pratiquées par Herzog, par son frère Gérard - qui avait mis en forme Annapurna, premier 8 000 - et par Lucien Devies. L'opposition entre le conquérant et l'alpiniste de métier - qui y a perdu lui aussi ses pieds - prend une tournure dramatique, quand leurs extrémités commencent à geler. "J'estimais que s'il continuait seul, il ne reviendrait pas, écrit Lachenal. C'est pour lui et pour lui seul que je n'ai pas fait demi-tour. Cette marche au sommet n'était pas une affaire de prestige national. C'était une affaire de cordée."



"IL COMMANDAIT AU CHARME"



Le 13 novembre 1996, Herzog réagit dans une lettre au Monde. Il affirme que "tout a été dit dans le livre Annapurna, premier 8 000" et que ses "compagnons d'expédition, y compris Louis Lachenal, ont approuvé son contenu". Alors, "peu importent ces réécritures tardives et bien mesquines au regard de cette victoire historique. Les faits sont là. Personne ne les conteste".



La polémique reprend pourtant de plus belle en 2000, lors du cinquantenaire de l'expédition, avec la publication d'Annapurna, une affaire de cordée (Michel Guérin), une enquête du journaliste américain David Roberts, désastreuse pour Herzog. Pour la contre-offensive, le patriarche n'est guère aidé par son cercle d'idolâtres. Dernière adhérente en date, Catherine de Baecque, ancienne lanceuse de marteau, qui fut la première à dénoncer les agressions sexuelles dans le sport de haut niveau, vole à son secours avec Maurice Herzog, le survivant de l'Annapurna (Arthaud, 2011), une hagiographie digne de la collection Harlequin. Pour sa défense, mieux vaut interroger l'autre dernier survivant, Francis de Noyelle, 92 ans. "J'ai passé ma vie à être son faire-valoir, mais c'est un grand bonhomme, se souvient l'officier de liaison pour l'Annapurna. Il était l'âme de l'expédition. Comme Eisenhower, il commandait au charme. Je n'ai rien à lui reprocher. Enfin, il avait tout de même calculé la longueur des cordes pour que ce soit lui qui atteigne le sommet !"



"C'EST LUI QUI AVAIT LA FOI"



Sa filleule, Marie-Laure Tanon, fille de Lucien Devies, lui reconnaît "quantité de défauts", mais déplore que "démolir Herzog fasse vendre aujourd'hui". "Le point commun de ces critiques est de réécrire l'histoire de l'Annapurna à la lumière de ce qu'il est devenu ensuite, analyse-t-elle. C'est une erreur classique et complète. Herzog a été un remarquable chef d'expédition, il a maintenu l'unité de l'équipe alors que le pari était limite. Personne n'aurait été surpris s'ils avaient échoué. C'est lui qui avait la foi."



Lors du cinquantenaire de l'expédition, l'écrivain et alpiniste Pierre Chapoutot estimait pour sa part que "le récit de Maurice Herzog a lui-même désigné les vrais héros : ce sont Terray et Rébuffat, sans qui les vainqueurs du sommet n'auraient jamais survécu". Dans son roman, Félicité Herzog n'oublie pas les sherpas et porteurs népalais, "compatissants mais magnanimes devant cette punition somme toute divine", frappant "un homme qui s'était pris pour un dieu".



Bruno Lesprit

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